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Chaque été, Vichy se met à l’heure de la photographie avec le festival “Portrait(s)” qui se déploie dans la ville. La quatrième édition de cette manifestation se tient cette année du 10 juin au 4 septembre. Vichy redevient le temps d’une saison un avant poste de la photographie aujourd’hui et présente au public des expositions à la fois marquantes et accessibles, centrées exclusivement sur l’art du portrait.

Le festival rend hommage à tous les types de portraits, qu’ils soient issus de la tradition documentaire ou bien qu’ils relèvent de la fiction, de l’intime ou encore de dispositifs plus conceptuels. Il réunit des portraits de célébrités comme des visages anonymes, et s’appuie sur les œuvres de photographes confirmés comme d’artistes plus jeunes. Il propose un voyage dans une pluralité de visions et de regards afin de permettre au public de découvrir ou redécouvrir le portrait dans ses formes les plus classiques comme les plus déroutantes. Depuis trois ans, la ville confirme également son engagement auprès de la photographie contemporaine en offrant une résidence à un photographe. Cette année, le Suédois Anton Renborg a arpenté de jour comme de nuit, à la belle saison comme à la mauvaise, les rues de Vichy, et s’est laissé fasciner par l’atmosphère singulière des lieux.

La quatrième édition de “Portrait(s)” présente neuf artistes, dont les expositions se tiennent simultanément en centre-ville et à l’extérieur, à ciel ouvert. Dans l’espace des galeries du Centre Culturel Valery-Larbaud, construit au début du siècle dernier, sont réunis Jean Depara, Nicolas Comment, Hellen van Meene, Nicola Lo Calzo, Maï Lucas, Ruud van Empel et Jean-Christian Bourcart.

Jean Depara a été dans les années 50 l’un des photographes les plus en vue de Kinshasa. Quand il ne tirait pas le portrait des jolies Kinoises dans son studio baptisé le “Jean Whisky Depara”, il faisait la sortie des bars ou des boîtes de nuit. La jeunesse noctambule offrait un profil flambeur et séducteur qui donne tout son charme à ses photographies.

 

Nicolas Comment dresse depuis six ans un “blason photographique” du corps de Milo, l’amante et muse qui apparaît et disparaît dans les replis d’un désir toujours renouvelé.

La Rochelle, série Milo, 2015 © Nicolas Comment

La Rochelle, série Milo, 2015 © Nicolas Comment

 

Hellen van Meene produit depuis de nombreuses années des portraits d’adolescentes dont elle chorégraphie avec grâce la gestuelle et les regards teintés à la fois d’appréhension et de mélancolie.

 

Nicola Lo Calzo a entrepris d’explorer depuis cinq ans les mémoires post-coloniales de plusieurs continents. Après l’Afrique, les Caraïbes et la Louisiane aux Etats-Unis, c’est le versant cubain de son travail qu’il expose à Vichy.

 

Depuis plus de vingt ans, Maï Lucas documente la “street culture” américaine. Fine observatrice des styles et des parades vestimentaires, elle accroche son regard à ces détails de mode qui singularisent une silhouette – une coupe afro, une perruque violette, un bustier zébré…

Maï Lucas

Jungle fever, série We American Flavor, 2012-2014 © Maï Lucas. Courtesy galerie Helenbeck, Paris

 

Ruud van Empel recrée des images d’Eden verdoyant, peuplées de personnages au regard fixe de totems qui sont le plus souvent des enfants. Fruit d’un long travail de retouche numérique, ses photos sont
composées comme des tableaux intemporels.

 

Jean-Christian Bourcart a réalisé, en collaboration avec le graphiste Ben Salesse, un travail étonnant à partir des photos de la Farm Security Administration, réalisées pendant la Grande dépression aux Etats-Unis. S’emparant des clichés refusés, que l’on reconnaît aux poinçons qui les mutilent, il les a associés à des citations issues des “Raisins de la colère” de John Steinbeck.

Paola de Pietri fait le portrait de mères portant leur nourrisson dans des décors vides auxquels elles redonnent existence par la seule grâce de leur entêtement à vivre et à donner vie. Elles reconduisent la dynamique des générations dans un environnement qui, lui, semble gelé.

Paola De Pietri

Sans titre, série Here Again, 2003 © Paola De Pietri. Courtesy Galerie Les Filles du Calvaire, Paris

 

Place Saint-Louis, ce sont les photos de Vichy et des Vichyssois, fruits d’une commande passée à Anton Renborg qui sont exposées. En arpentant jour et nuit les rues de Vichy, Anton Renborg s’est laissé séduire par l’atmosphère singulière des lieux. A travers ses images calmes et équivoques, il fait le portrait d’une ville d’eau infusée d’histoire, une cité mondaine, un lieu de parade qui est aussi un théâtre d’ombres où se jouent des destins chabroliens.

Sur l’esplanade du lac de l’Allier et Parc des ailes, les promeneurs peuvent découvrir les portraits de Jean-Marie Périer, l’oeil proverbial des années 60 et 70 qui voit naître toute une nouvelle génération de chanteurs pop et yéyé. Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Françoise Hardy, les Beatles, Mick Jagger, Bob Dylan font un come back retentissant et revivifient, tout au long de la rivière, une époque mythique.

 

 

Toutes les informations et adresses des lieux d’exposition sur www.ville-vichy.fr/agenda/festival-portraits-2016